Les
logiciels Forge : un projet de recherche de longue haleine.
Au début des années 1980,
face à un projet concurrent soutenu par l'industrie
américaine, un mécanisme original de financement
est mis en place : un consortium de grands industriels
français est créé avec un soutien public
et un dispositif original de gestion de la propriété
industrielle. ARMINES
reste propriétaire des résultats et confie
à sa filiale TRANSVALOR
SA l'industrialisation des produits et sa commercialisation
au niveau mondial, assurant ainsi la pérennité
des logiciels. En revanche, les industriels faisant partie
du consortium français bénéficient
pour un temps limité de l'exclusivité des
résultats et des améliorations obtenues par
la recherche.
En 2001, le projet SIMULFORGE, associant ARMINES,
TRANSVALOR SA et un nouveau consortium d'industriels français
permet de poursuivre l'évolution du logiciel. Il
est soutenu par la DIGITIP du Ministère des Finances
et de l'Industrie dans le cadre du Programme de R&D
" Performance ".
Un
grand succès international sur une niche technologique.
Les logiciels FORGE 2 et FORGE 3 s'imposent comme
la référence mondiale du domaine, devant leurs
compétiteurs américains.
Ils contribuent efficacement à la compétitivité
de la filière de la forge française avec un
impact sur l'ensemble des grandes activités industrielles
de la mécanique (automobile, aéronautique,
aérospatial, micromécanique, etc..).
C'est un exemple de succès d'un projet de recherche
finalisé faisant appel à des notions théoriques
de pointe, associant un centre de recherche commun à
une SRC et à un établissement d'enseignement
supérieur ainsi que des industriels.
C'est un exemple de la réussite du couplage de
financements publics et privés sur un sujet générique
que l'industrie privée n'aurait pas pu développer
seule. Aujourd'hui, grâce à la qualité
de la technologie et aux efforts commerciaux déployés,
le logiciel FORGE 3 est numéro 1 en France,
en Allemagne et en Italie et en passe de le devenir aux
Etats-Unis et au Japon. En 2001, près de 65 % des
ventes se sont faites à l'export (dont 15% au Japon,
20% aux Etats-Unis, 25% en Allemagne ...) pour un CA de
2,3 M€.
En France, AEROSPATIALE, PEUGEOT, PECHINEY, RENAULT, ARCELOR,
LEGRAND, SNECMA, etc
, sont équipés.
Dans le reste du monde, ROLLS-ROYCE, MERCEDES, THYSSEN-KRUPP,
TOYOTA, HONDA, les grands sous-traitants de firmes comme
BOEING, FORD, GM, etc
sont passés à
FORGE 3, en suivant l'exemple français.
Un
réseau d'acteurs de haut niveau, mis efficacement
en situation.
Une
équipe d'une dizaine de chercheurs du CEMEF,
comprenant plusieurs doctorants, associée à
l'équipe de près de 20 personnes de TRANSVALOR
SA, ingénieurs et chercheurs, assurent la progression
du logiciel et son succès en France et à l'étranger.
Depuis l'origine, soixante docteurs ont été
formés au CEMEF en contribuant au développement
des logiciels FORGE, et ont rejoint l'industrie,
une fois leur compétences développées
et acquises. Ce projet s'est aussi révélé
être un formidable outil de formation par la recherche
et de transfert technologique vers l'industrie par les hommes
et les compétences.
Conclusion
: création de vingt emplois salariés de
haute technicité tournés vers l'export.
Cette aventure est un exemple riche d'enseignements à
un moment où les pouvoirs publics encouragent vivement
la création d'entreprises et d'activité économique
à partir des laboratoires.
La
réussite :
des femmes et des hommes de conviction et de qualité
mis en situation par des structures de valorisation de la
recherche et un management adapté de l'interface
centre de recherche- structure de valorisation.